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L'astrologie

pieds et signe astrologique du lion. Illium l'application de l'amour pour les célibataires et les couples

Ce qu'elle mesure

L'astrologie ne mesure pas un caractère au sens où le fait un questionnaire. Elle décrit une position : celle du ciel au moment et au lieu exacts d'une naissance, lue comme une carte des tempéraments et des besoins affectifs.

La distinction qui compte est celle entre le signe solaire et le thème natal. Le signe solaire, celui des horoscopes de magazine, ne retient qu'une information : la place du Soleil dans le zodiaque au jour de la naissance. Une donnée sur les quelques dizaines que manipule un astrologue.

Le thème natal, lui, situe dix corps célestes dans douze signes et douze maisons, puis calcule l'ascendant à partir de l'heure et des coordonnées du lieu. Il produit une figure qui n'appartient qu'à une personne.

Pour la compatibilité, la discipline dispose d'un outil dédié : la synastrie, qui superpose deux thèmes et lit les angles formés par les planètes de l'un avec celles de l'autre. C'est une méthode relationnelle par construction, ce qui la sépare de la plupart des tests de personnalité, lesquels décrivent un individu puis déduisent l'accord.

Ce qu'elle prétend décrire n'est donc pas la réussite d'un couple. C'est la nature de la rencontre entre deux tempéraments : ce qui attire, ce qui frotte, ce qui se répète.

Un mot sur son statut, parce qu'il éclaire le reste. L'astrologie n'est pas une mode récente : sa forme occidentale est codifiée par Ptolémée au deuxième siècle dans la Tetrabiblos, et elle a été enseignée dans les universités européennes jusqu'au dix-septième siècle.

Elle a donc derrière elle presque deux mille ans d'affinement technique. C'est ce qui explique la finesse de son appareil, et c'est aussi ce qui la rend difficile à évaluer avec les outils d'aujourd'hui : elle n'a pas été bâtie pour être testée.

Comment ça fonctionne

Du thème natal à la synastrie

Un thème se calcule à partir de trois informations : la date, l'heure et le lieu. L'heure est déterminante. L'ascendant, signe qui se lève à l'horizon est, avance d'environ un degré toutes les quatre minutes.

Sur cette carte, l'astrologue place le Soleil, la Lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton. Chacun reçoit un signe, qui indique une manière, et une maison, qui indique un domaine de vie.

En matière amoureuse, quatre repères concentrent l'essentiel de la lecture : la Lune pour les besoins affectifs, Vénus pour la façon d'aimer, Mars pour le désir, l'ascendant pour la manière d'aborder l'autre.

Les aspects, l'instrument de mesure réel

Un aspect est une distance angulaire entre deux points du zodiaque. Cinq sont tenus pour majeurs : la conjonction à 0 degré, le sextile à 60, le carré à 90, le trigone à 120 et l'opposition à 180.

Chacun est admis avec une tolérance, l'orbe, généralement de six à huit degrés pour les aspects majeurs. Le trigone et le sextile se lisent comme fluides, le carré et l'opposition comme des tensions, la conjonction comme une intensification.

La synastrie applique cette grille à deux thèmes croisés. Vénus de l'un en trigone avec Mars de l'autre, Saturne de l'un en carré avec la Lune de l'autre : chaque contact décrit une dynamique, jamais une note.

Deux techniques complémentaires existent. Le thème composite se calcule sur les points milieux des deux cartes, le thème Davison sur la date et le lieu médians. Tous deux traitent le couple comme une entité qui aurait son propre ciel.

D'où viennent les tables de signes compatibles

Les tableaux qui circulent en ligne, Bélier avec Lion, Taureau avec Vierge, sont une réduction de cette logique au seul Soleil. Les signes d'un même élément sont espacés de 120 degrés, donc en trigone. Le feu et l'air sont à 60 degrés, donc en sextile.

La compatibilité des signes n'est pas une règle à part : c'est la théorie des aspects appliquée à une seule planète. Les praticiens sont les premiers à juger cette réduction grossière.

Un point technique divise enfin la discipline. Le zodiaque occidental est tropical : il découpe l'année à partir de l'équinoxe de printemps, non à partir des constellations. Sous l'effet de la précession, les deux se sont décalés d'environ vingt-quatre degrés depuis Ptolémée. Les astrologues répondent que leurs signes sont des secteurs saisonniers et non stellaires, ce qui est cohérent avec leur pratique.

Reste la question du pourcentage, puisque c'est sous cette forme que la compatibilité astrologique circule aujourd'hui. Aucun texte classique ne produit de score : le chiffre est une invention des logiciels.

Sa fabrication est toujours la même. Chaque aspect entre les deux thèmes reçoit un poids, positif ou négatif, modulé par la planète concernée et par l'écart à l'angle exact. La somme est ensuite ramenée sur cent.

Deux applications donneront donc deux pourcentages différents pour le même couple, puisque le barème n'a rien de standardisé. Un score astrologique ne mesure pas une compatibilité, il résume le barème de celui qui l'a programmé. C'est une précision que les praticiens sérieux donnent volontiers.

Les forces

La première force de l'astrologie est linguistique. Elle offre un vocabulaire partagé pour parler de soi et de l'autre, ce qui est plus rare qu'il n'y paraît. Dire « j'ai une Lune en Cancer » permet de formuler un besoin de sécurité affective sans avoir à le réclamer, et c'est souvent la partie difficile.

Vient ensuite une propriété que peu de typologies tiennent aussi bien. Aucun signe n'est meilleur qu'un autre, aucune combinaison n'est disqualifiante. Une lecture de synastrie décrit des tensions et des facilités, elle ne rend pas de verdict.

La force technique, elle, reste sous-estimée. L'astrologie pense la relation, pas seulement l'individu. Un carré Lune-Saturne entre deux thèmes n'appartient à personne : il n'existe qu'entre ces deux-là. Beaucoup de méthodes concurrentes additionnent deux profils séparés et appellent le résultat une compatibilité.

Il y a aussi un effet moins visible, de nature pratique. Une lecture de synastrie oblige deux personnes à parler pendant une heure de leurs besoins, de leurs agacements et de leurs attentes, exercice que la plupart des couples ne font jamais spontanément.

Le support importe peu ici. Ce qui compte est qu'un cadre extérieur autorise la conversation et fournisse les mots pour la mener.

Reste la diffusion. L'Ifop mesurait en 2022 que quatre Français sur dix déclarent croire en l'astrologie, avec une adhésion nettement plus marquée chez les femmes et chez les moins de trente-cinq ans. Une langue parlée par tant de monde reste un bon outil de conversation, quelle que soit sa valeur prédictive.

Les limites

Sur le terrain de la prédiction, le dossier est lourd et ancien. Il ne repose pas sur des opinions mais sur des tests de très grande taille, dont trois méritent d'être connus.

  • Dix millions de couples. David Voas a utilisé le recensement de 2001 d'Angleterre et du pays de Galles pour comparer les signes solaires de plus de dix millions de couples mariés. Après correction des erreurs de saisie, l'écart maximal entre effectifs observés et attendus atteint à peine 1 %.
  • Deux mille jumeaux de temps. Geoffrey Dean a suivi 2 101 personnes nées à Londres entre le 3 et le 9 mars 1958, dont 73 % à moins de cinq minutes d'intervalle, sur 110 variables mesurées à 11, 16 et 23 ans. La taille d'effet attribuable à l'astrologie ressort à 0,00 ± 0,03.
  • Quarante études contrôlées. Une synthèse portant sur près de 700 astrologues et 1 150 thèmes natals donne une taille d'effet moyenne de 0,051, non significative.
« Il n'apparaît pas qu'un seul des dix millions de couples mariés d'Angleterre et du pays de Galles ait été réuni par des signes amoureux. » David Voas, 2007, traduit de l'anglais

S'y ajoute le test en double aveugle publié par Shawn Carlson dans Nature en 1985, où des astrologues volontaires n'ont pas apparié les thèmes aux profils psychologiques mieux que le hasard.

Une limite plus intéressante concerne l'expérience subjective. En 1949, Bertram Forer a remis à 39 étudiants un portrait de personnalité présenté comme individuel. Tous avaient reçu le même texte, tiré d'un livre d'astrologie de kiosque. Note moyenne de justesse : 4,30 sur 5.

Ce résultat n'invalide pas l'astrologie. Il explique pourquoi une lecture juste ne prouve rien : un portrait suffisamment ouvert est reconnu par presque tout le monde.

Une objection plus fine porte sur l'effet du savoir lui-même. Connaître les signes avant de rencontrer quelqu'un modifie la lecture qu'on fait de ses gestes, et une attente confirmée par avance a de bonnes chances de se réaliser.

Le problème est symétrique et il coupe dans les deux sens : une bonne compatibilité annoncée fabrique de la patience, une mauvaise fabrique de la méfiance. Aucun protocole en ligne ne neutralise ce biais.

Reste un obstacle pratique, rarement mentionné. La synastrie sérieuse exige l'heure de naissance à quelques minutes près, information que peu de gens connaissent. Presque toute la compatibilité astrologique pratiquée en ligne se réduit donc au signe solaire, c'est-à-dire à la couche que les praticiens eux-mêmes jugent la plus pauvre.

En résumé

Sur le plan de la construction, l'astrologie est la méthode la plus sophistiquée de cette liste. Elle traite la relation comme un objet propre, elle ne hiérarchise personne, et elle donne aux gens des mots pour dire ce qu'ils attendent.

Ce qu'elle ne fait pas, malgré des tests d'une ampleur que peu de disciplines ont connue, c'est prédire. Les couples ne se forment pas selon les signes et ne durent pas davantage lorsque les signes s'accordent.

La distinction utile tient là. Un langage pour parler de la relation n'est pas un instrument pour la mesurer, et l'astrologie remplit très bien le premier rôle.

Ce qu'elle décrit, ce sont des tempéraments : la façon d'entrer en relation, de réagir, de désirer. Ce qui sépare les couples au bout de quelques années relève d'un autre ordre.

Pour aller plus loin

Le tempérament explique pourquoi les premiers mois sont doux ou électriques. Il explique beaucoup moins bien pourquoi deux personnes tiennent, ou se quittent, cinq ans plus tard.

Sur ce terrain, la recherche pointe régulièrement ailleurs : vers ce à quoi les gens tiennent. La place des enfants, le rapport à l'argent, le poids de la famille, l'importance du travail, la fidélité, la liberté de mouvement. Ces arbitrages ne se lisent ni dans un signe ni dans un tempérament, et ce sont eux qu'on découvre au troisième rendez-vous.

La psychologie dispose pourtant d'un cadre solide pour les mesurer. Le modèle des valeurs de base de Shalom Schwartz décrit une structure de priorités validée dans des dizaines de pays, et un questionnaire de valeurs conçu pour les couples a été publié en 2023 dans Personal Relationships.

Rien de tout cela ne prédit l'amour, et il faut le dire clairement. Comparer des priorités n'annonce pas une histoire réussie. Cela écarte celles qui n'avaient pas de suite possible.

Sources

  • David Voas, Ten million marriages: a test of astrological love signs, University of Manchester, 2007. Lire l'étude
  • Geoffrey Dean et Ivan Kelly, « Is astrology relevant to consciousness and psi? », Journal of Consciousness Studies, 2003. Lire l'article
  • Shawn Carlson, « A double-blind test of astrology », Nature, vol. 318, 1985. Voir la publication
  • Bertram Forer, « The fallacy of personal validation », Journal of Abnormal and Social Psychology, 1949. Référence et réplications
  • Ifop, Les Français et l'astrologie, 2022. Consulter le rapport
  • Shalom Schwartz, « An overview of the Schwartz theory of basic values », Online Readings in Psychology and Culture, 2012. Lire la synthèse
  • Danioni et al., questionnaire de valeurs pour les couples, Personal Relationships, 2023. Voir l'étude

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